25 janvier 2019 Emmanuel Avarello

Brèves du 25 janvier

La téléconsultation en pharmacie

Définie par un avenant conventionnel en décembre 2018, la téléconsultation peut désormais passer par la pharmacie. La prise en charge s’effectue dans le respect du parcours de soins.

La pharmacie doit cependant remplir certaines conditions. Elle doit disposer d’un espace de confidentialité et d’un abonnement ADSL. Il est aussi nécessaire d’avoir des équipements particuliers comme du matériel de vidéotransmission sécurisée, un stéthoscope et un otoscope connectés, un oxymètre et un tensiomètre. Le pharmacien disposera d’un forfait d’équipement de 1 225 euros la première année, puis de 350 euros les années suivantes, alloué par l’assurance-maladie. Le dispositif sera déclenché par une déclaration en ligne par an pendant les trois premières années.

Le pharmacien verra sa prestation rétribuée sous la forme d’une ROSP qui lui sera versée en mars de l’année suivante : 200 euros jusqu’à 20 consultations par an, 300 euros jusqu’à trente et 400 euros pour 40 et plus. À noter que, s’inscrivant dans le parcours de soins, la téléconsultation doit être portée à la connaissance du médecin traitant par le patient lui-même.

« Le déploiement des téléconsultations en officine fera l’objet d’un suivi, particulièrement dans les zones sous denses dans lesquelles la télémédecine peut jouer un rôle majeur pour faciliter l’accès aux soins » précise la CNAM.

Mais, pour le syndicat de médecins généralistes MG France « le potentiel conflit d’intérêts du pharmacien d’officine qui initie la téléconsultation, en mettant de facto une pression sur le prescripteur, est un point très gênant de cet avenant ».

Le syndicat souligne que « ce dispositif ne peut pas être utile au patient si le médecin consulté par le patient via le dispositif de télémédecine du pharmacien n’est pas le médecin traitant du patient », qui est « le seul à connaître l’histoire du patient », « le plus qualifié pour apprécier les renseignements transmis et le plus apte à décider de la conduite à tenir ».

Pour autant cela « pose les jalons d’une équipe de soins primaires et des services utiles au patient que l’équipe peut offrir dans le cadre d’une offre de soins coordonnée ».

De son côté, la société Consulib a ouvert fin novembre une plateforme de téléconsultation éponyme à destination des médecins libéraux, en accès libre et sans engagement forfaitaire, ni de durée. Le modèle de redevance prévoit un euro prélevé sur chaque téléconsultation, avec un plafond annuel fixé à 350 euros, correspondant à l’aide à l’équipement versée par l’assurance maladie aux médecins.

Les médecins inscrits sur la plateforme bénéficient d’un agenda en ligne, d’un service de téléconsultation et d’un logiciel médical intégré.

Le patient peut prendre rendez-vous et régler ses consultations en ligne, et recevoir ses ordonnances sur un espace personnel sécurisé.

La société assure être « parfaitement conforme » à la réglementation relative à la protection des données à caractère personnel et des données de santé.

Quant à Doctolib, la société a lancé officiellement son service de téléconsultation pour 79 euros par mois. Elle a demandé aux praticiens concernés de supprimer « toute mention discriminatoire » de leur fiche personnelle de présentation et déclaré « les praticiens sont libres d’afficher le contenu qu’ils souhaitent pour présenter leurs activités. »

 

Rappelons que le gouvernement fonde de grands espoirs sur cette pratique. Les attentes sont de 500 000 actes de télémédecine en 2019, un million en 2020 et 1,3 million en 2021.

Enfin, une étude menée par l’association LAJAPF (Laboratoires Japonais Présents en France) et la société IQVIA, avec le soutien des entreprises du médicament (LEEM) montre que le recours à la télémédecine diminuerait de 6 % à 21 % les coûts de prise en charge de certaines maladies chroniques. Notamment sur trois parcours de soins : l’hypertension artérielle, le cancer de la prostate et le diabète.

 

 

CPTS : début des négociations interprofessionnelles

Près de 30 organisations syndicales représentatives des libéraux de santé étaient au rendez-vous, le 16 janvier dernier, de la négociation conventionnelle sur les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS). Il y aura 5 séances jusqu’à fin avril pour aboutir à la signature d’un accord conventionnel interprofessionnel (ACI). Il s’agit de déterminer un socle commun de missions des CPTS incluant les priorités du gouvernement. Cet ACI permettra aussi aux CPTS de bénéficier d’un financement pérenne, indispensable pour leur avenir…

La Fédération Française des Praticiens de Santé, avec les principaux syndicats des infirmiers libéraux, masseurs-kinésithérapeutes, orthophonistes, orthoptistes et pédicures-podologues, ne « tolèrera pas que cette négociation se limite à un colloque singulier médecin/assurance maladie. » Pour elle, il faut tenir compte de la multiplicité des compétences des différents praticiens du système de santé à l’échelle des territoires au service d’une organisation optimisée au plus près du patient.

La FFPS sera précise-t-elle, « vigilante sur les conclusions des négociations parallèles qui sont de nature à impacter l’exercice et le statut libéral de certaines professions ».

Source : FFPS

 

 

Inciter, évaluer et développer l’innovation en santé au pays du principe de précaution ?

L’innovation en santé n’est pas une fin en soi mais un instrument au service de l’intérêt général, précise le communiqué du Cercle Galien. Comment la déployer au mieux et au plus vite afin qu’elle irrigue tous les champs de la médecine, de l’hôpital à la ville, et soit accessible au patient ?

Le Cercle Galien propose des recommandations destinées à pérenniser ces innovations pour optimiser les prises en charge…. Dans ce nouvel environnement, l’administration ne serait plus un frein mais un accélérateur au service de la compétitivité. À titre d’exemple, le Health Data Hub qui vient d’être créé et présenté comme l’un des points forts de la stratégie Intelligence Artificielle française réunit, en effet, toutes les données de santé des Français anonymisées, constituant un avantage compétitif pour les start-up nationales spécialisées dans ce secteur.

Pour développer et pérenniser un écosystème fertile pour les entreprises innovantes, il s’agit également remarque le Cercle Galien de développer une relation de confiance entre les parties prenantes.

Les recommandations du Cercle Galien visent à compléter les structures actuelles par des dispositifs missionnés pour les rendre plus efficaces ; expérimenter des modèles étrangers qui ont fait leurs preuves et augmenter la place de la démocratie en santé dans les délibérations ; impliquer les régions dans les investissements ; décloisonner les pratiques médicales en évaluant les médecines complémentaires et en créant des passerelles avec la faculté.

Source : Le Cercle Galien

 

L’interopérabilité des SI et la codification des données: « clés » du succès du DMP 

Près de deux mois après sa généralisation, le dossier médical partagé (DMP) est très scruté et pour garantir son succès, « la compatibilité des logiciels des professionnels, l’implication de tous acteurs ou encore l’articulation du DMP avec les autres projets numériques sont essentielles », pour Pierre Albertini, directeur général de la CPAM de Paris.

Le chiffre symbolique de 3 millions de DMP ouverts a été atteint le jeudi 13 décembre.

Le directeur général de la CPAM de Paris a rappelé l’objectif des pouvoirs publics d’atteindre les 40 millions de DMP ouverts en 2022.

« Pour attendre ce résultat, il y a plusieurs actions à mener: identifier et cartographier les équipements SI [système d’information] des établissements de santé et accompagner les établissements de santé dans l’outillage et l’interopérabilité des SI pour favoriser la création et l’utilisation du DMP », a-t-il détaillé. « Le plus important pour garantir l’alimentation du DMP est de le rendre compatible avec les logiciels des professionnels de santé ».

Pour le Dr Landais, le DMP est « un bon outil pour améliorer qualité des soins, la prise en charge patients et la coordination pour atteindre l’efficience », mais « seulement 4% des médecins » en aient ouvert jusqu’ici. Pour lui, le volet de synthèse médical, « doit pouvoir se faire en clic », sans quoi le DMP ne serait alors qu’un « dossier de dossiers » et là encore, les éditeurs de logiciels sont attendus au tournant par les professionnels de santé qui espèrent gain de temps.

« En moyenne, un médecin généraliste gère 300 patients par mois. Il faut compter 30 minutes par volet de synthèse, soit 150 heures de travail au final! Alors, nous pouvons payer 1 euro par ouverture de DMP aux officines mais son alimentation ne peut pas être gratuite », a-t-il plaidé.

Pour Philippe Gaertner le déploiement du DMP sera réussi si demain, il permet une bonne prise en charge des patients en ville, évite les hospitalisations et renforce les échanges entre les différents acteurs intervenants dans le parcours de soins du patient ».

Pour Bernard Delorme, président de l’association Maladies rares info services, « il ne faut pas négliger le destinataire: le patient, élément central du partage ».

Source : TIC santé

https://www.ticsante.com/story/4392/l-interoperabilite-des-si-et-la-codification-des-donnees-cles-du-succes-du-dmp.html

 

 

Philippe Duperray